L’atelier de partage, organisé les 19 et 20 août 2026 à Dakar dans le cadre du projet REconnaissance des PAIR·ES éducateurs·rices (REPAIR), a réuni institutions publiques, collectivités territoriales, société civile, partenaires techniques et financiers et acteurs communautaires. Il avait pour objectif de transformer les recommandations régionales en engagements et en feuille de route nationale.
La cérémonie d’ouverture, présidée au nom du Ministre de la santé et de l’hygiène publique par le Directeur général de la santé a été marquée par les interventions de l’ANCS, de Coalition Plus, du Maire de Bignona au nom des élus locaux et du Directeur Général de la Santé, qui ont fait constater un consensus fort : malgré leur rôle historique dans la riposte au VIH, à la tuberculose, au paludisme, aux hépatites, et à la mise en œuvre de divers programmes dans le système de santé, les Pairs éducateurs/acteurs communautaires restent dans une précarité quasi- unanimement reconnue, sans reconnaissance officielle, ni rémunération stable, encore moins de protection sociale.
Trois présentations ont ensuite posé les bases, elles ont porté sur l’ambition du projet REPAIR, une clarification du concept de pair-éducation, puis les recommandations tirées des concertations nationales avec les acteurs communautaires et les organisations de la société civile. S’en est suivi, la co-construction, avec des travaux de groupes. Le rôle des acteurs communautaires est appelé à grandir avec la réforme de la santé communautaire et avec le plan national de prévention et de promotion de la santé, en cours d’élaboration à la demande du Président de la République, qui traduit en stratégie l’orientation majeure de la Stratégie nationale de transformation Sénégal Horizon 2050.
Deux groupes thématiques se sont penchés sur deux questions : les leviers de la certification et de la reconnaissance officielle d’une part, les pistes de financement et de protection durable d’autre part. Le premier groupe a insisté sur quatre leviers (juridique, politique, communautaire et local). Il a plaidé pour formaliser le statut des pairs éducateurs, définir un référentiel national de
compétences, développer des formations certifiantes et améliorer les conditions de travail grâce à des financements durables.
Le second groupe, consacré au financement, a d’abord insisté sur la nécessité de mieux faire connaître aux décideurs le rôle des pairs éducateurs. Sur le terrain, plusieurs profils interviennent, mais leurs rôles, leurs compétences et leurs critères de qualification ne sont pas encore clairement définis. Cette diversité implique d’accepter une pluralité d’employeurs possibles, d’où la nécessité d’établir une cartographie des employeurs et de les démarcher. Le financement ne doit pas reposer uniquement sur l’État et la fonction publique : collectivités, districts sanitaires, leaders communautaires, certains acteurs privés et partenaires techniques et financiers doivent être associés.
Cette mise en commun a permis de consolider les propositions dans une feuille de route nationale structurée autour de cinq axes : institutionnalisation, certification, financement, ancrage territorial et plaidoyer. Elle prévoit notamment un cadre multisectoriel de pilotage, un dispositif de certification et de valorisation des acquis, des mécanismes de financement et de protection sociale, l’intégration des pairs éducateurs dans les dynamiques territoriales de santé, ainsi qu’un plaidoyer renforcé aux niveaux national et local. Entamée lors de la dernière matinée, son élaboration se poursuivra au sein d’un groupe restreint, qui pourra associer en ligne tous les participants de la rencontre.
L’atelier s’est achevé sur une vision commune : faire des pairs éducateurs des acteurs pleinement reconnus, compétents, protégés et durablement intégrés au système de santé communautaire. Sa réussite dépendra désormais de la mise en œuvre coordonnée de la feuille de route, du suivi des engagements et de la mobilisation continue de toutes les parties prenantes.
Deux participants ont partagé leurs réactions à l’issue des échanges et des réflexions menées durant l’atelier.
« Il faudrait intégrer les collectivités dans tous les programmes qui se déroulent au niveau local. Même si le partenaire part, la collectivité pourra prendre en charge certains aspects. »
Bacary Diatta, Maire de Bignona
« Tout travail mérite salaire. On ne peut pas faire du bénévolat lorsqu’on a des problèmes de ressources et de subsistance. » Dr Camara, Direction régionale de la santé de Sédhiou
Christophe Abdoulaye MBODJ, Rapporteur








